Ashrams
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agitation intérieure, visages tendus, manque d'harmonie et de noblesse, tout contrastait avec le sentiment de perfection surhumaine, surnaturelle dont j'étais encore plein. Et je ne veux pas me rappeler la tristesse de la conversation qui eut lieu : critiques incessantes et foncièrement inexactes de l'Hindouisme, prétention à détenir la seule Vérité manifestée en Inde et pour finir attaques contre les missions d'autres confessions.
Je ne voulus pas croire l'ami allemand qui se trouvait avec moi et qui, malgré l'amour universel et la bonne volonté jamais en défaut que je lui connaissais et qu'il devait sans doute à six ans d'ascèse dans les ashrams, me laissa entendre qu'il avait déjà éprouvé le même malaise, autant avec les Catholiques qu'avec les Protestants.
Un procédé hélas employé par les Missions a été là distribution de nourriture réservée à ceux qui se convertissaient et se faisaient baptiser en échange de l'assiette de riz. En cas de famine ce procédé « amenait au Christ » des foules entières, que l'on appelle en Inde les rice Christians, les Chrétiens au riz. L'élite préférait dépérir plutôt que renier sa foi et sa dignité. Mais ceux qui voulaient bénéficier de l'aide généreuse des Chrétiens d'Europe « venaient à Jésus », sans grande conviction.
Il y aurait malheureusement plus long à dire que je ne veux le faire. Mais j'écris pour l'Hindouisme et non contre le Christianisme […]
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Si nous nous tournons vers l'intérieur, vient un moment (samadhi) où nos efforts ne sont plus nécessaires et où nous sommes appelés, attirés. Notre mouvement n'est pas le premier. Il répond à une situation qui existe mais dont nous ne voulons pas tenir compte et que nous oublions: le Maharshi définissait l'ego comme self oblivious, oublieux de Soi. Notre effort, en réalité, ne vient pas vraiment de nous. Il trouve son origine dans le Self que nous ne voyons plus mais qui est là et qui nous appelle. Et un jour c'est ce Soi, cette Réalité, qui prendra notre ascèse en charge à notre place.
« Le Seigneur, dit le Maharshi, est le même que le Gourou et le Soi. Une personne commence par être insatisfaite. Déçue du monde, elle cherche la satisfaction des désirs en adressant des prières à Dieu. Son esprit est purifié. Elle aspire à connaître Dieu plus qu'à assouvir ses désirs sensuels. Alors la Grâce de Dieu commence à se manifester. Dieu apparaît à l'adorateur sous la forme du Gourou il lui enseigne la Vérité; Il purifie son esprit par son enseignement et, à son contact, l'esprit acquiert de la force et il est capable de se tourner vers l'intérieur; par la méditation il est purifié encore plus, et, à la fin, demeure tranquille sans la moindre vague. Cette tranquillité est le Soi. Le Gourou est à la fois extérieur et intérieur. De l'extérieur il donne à l'esprit une impulsion à se tourner au-dedans. De l'intérieur il le ramène vers le Soi et l'aide à parfaire sa tranquillité.
C'est cela la Grâce,
Alors cesser l'effort et viendront la liberté et la spontanéité, la Libération, moksha ou mukti, but de toute la vie spirituelle hindoue.
P196
Mataji compare souvent les différentes voies à un voyage en chemin de fer. Pour aller d'une ville à la station terminus il faut prendre le train. Mais il faut d'abord se rendre à la gare et différents moyens sont possibles: les uns y vont à pied, d'autres en tonga (voiture à cheval), d'autres en rickshaw, d'autres en taxi, d'autres en autobus. Ils n'ont pas encore vraiment commencé le voyage. Puis ils sont tous dans le même train. C'est ce que Mother appelle aussi le courant. Les voies débouchent sur la Voie. Mais tous ne vont pas jusqu'au bout. Les uns descendent à une station, les autres à la suivante. Quelques-uns seulement atteignent la station finale celle d'où le train ne va pas plus loin, le But, la Self-Realization.
Et Mother dit aussi*:
« Ecouter des exposés sur Dieu ou la Vérité est certainement bénéfique, pourvu que celui qui parle ne se permette pas de dénigrer ou condamner ceux qui sont d'une autre opinion. Trouver des fautes aux autres crée des obstacles pour tous ceux qui vous entourent, pour celui qui critique, celui qui est critiqué et ceux qui écoutent les critiques. Tandis que ce qui est dit dans un esprit d'équanimité profite à tout le monde.[...] »
p205
Chercher CELA en quoi il n'y a aucune souffrance et en quoi tout est trouvé est le seul devoir de l'homme. »
« Le devoir spécial de l'homme qui est la pensée de Dieu, l'activité de l'esprit éveillant le désir de savoir ce que vous êtes réellement, c'est sur cela qu'il faut vous concentrer. Et il est de la plus grande importance de faire un effort spécial dans cette direction. »
« Le mot « manush » (homme) lui-même, composé de man (esprit) et hush (conscient) donne la clé de ce que l'homme devrait être réellement un être qui est conscient de lui-même. Même s'il a glissé et chuté n'est-ce pas son devoir impérieux d'utiliser comme un levier cette terre même sur laquelle il est tombé et de se redresser à nouveau? Car un effort constant est le devoir de l'homme. S'il ne s'éveille pas à la Conscience de son propre Self qu'a-t-il accompli? II n'a fait que gâcher sa vie... Découvrez qui vous êtes! Quand un homme devient un pèlerin sur le chemin vers son Être intérieur la distance qui le sépare de son but disparaît peu à peu. Vous aurez très certainement à entreprendre ce pèlerinage vers l'Immortalité foulant aux pieds des centaines et des centaines d'obstacles et d'empêchements. C'est cette sorte de virilité qui doit être éveillée. Pourquoi resteriez-vous sans secours comme un paralytique? Vous vous contentez de répéter indéfiniment que vous ne pouvez pas, que vous ne pouvez pas pratiquer l'ascèse. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?,
« Pour un être humain, seule la plus noble et la plus irréprochable ligne de conduite peut être acceptable. Seules les actions qui attisent la nature divine de l'homme sont dignes du nom d'action, tout le reste n'est que non-action, un gaspillage d'énergie. Toute ligne de conduite qui éveille la divinité inhérente à l'homme doit être résolument adoptée même si elle parait peu attrayante »
« Vivre dans le temps c'est être prisonnier de lui, de la mort. Si vous ne vous élevez pas au-dessus du temps, comment pouvez-vous échapper aux griffes de la mort? Quand quelqu'un réside dans un autre pays que le sien comment peut-il échapper aux épreuves qui sont le lot d'un étranger? Votre pays natal est là où il n'est pas question de détresse et de souffrance, de violence et de haine, d'éloignement, ni des opposés obscurité et lumière. L'effort pour se retrouver dans son foyer réel, dans sa véritable nature, est le seul devoir de l'homme. »
« toujours maintenir l'esprit fixé dans le Self, pleinement éveillé dans le courant de la Réalité, où l'Insondable, l'Unique-sans-Fin est à jamais révélé dans son Infinité, cela doit, avec l'intensité d'une possession, être votre unique et constant effort. »
On aura sûrement remarqué l'insistance avec laquelle Ma Anandamayi nous appelle à l'effort. Cela devrait suffire à nous éviter un malentendu. Sans le savoir, nous sommes déjà le Soi et il n'y a rien à trouver qui ne soit déjà là. « Pourquoi parler de réalisation du Soi (Atmadarshana) dans le futur ? dit Mataji. Elle est ici et maintenant, mais le voile doit être détruit. Que signifie « détruit ? Cela: ce qui est de toute façon condamné à la destruction doit être détruit. Quand le voile tombe en morceaux, CELA qui EST de toute éternité resplendit, le UN qui est Lumière. »
En un sens donc, il n'y a pas d'effort à faire. Voilà qui a paru une excellente nouvelle à un certain nombre de chercheurs spirituels et qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd parmi les touristes du Satchidananda et les amateurs de satori. Tout effort est même apparu comme contraire à l'atteinte de la Réalisation. C'est ainsi notamment qu'ont été trop souvent compris et interprétés les enseignements du Bouddhisme Zen et de Ramana Maharshi, bien que la vie des moines Zen et celle des disciples, authentiques du Maharshi démentent naturellement cette assertion. A ce sujet Ma Anandamayi dit elle-même: L'effort soutenu aboutit à être sans effort. Autrement dit, ce qui a été atteint par une pratique constante est finalement transcendé et alors vient la spontanéité
Mais le chemin vers cette spontanéité illimitée et infinie du Self est celui de la pratique, de l'exercice, de la prière et de l'effort.
Mataji m'a elle-même expliqué que « seul un autre ego pouvait annuler (to cancel) l'ego » et que cet autre ego disparaîtrait à son tour une fois sa tâche accomplie pour faire place au Je définitif, l'Impersonnel illimité. C'est la création et la nourriture de cet ego pour qu'il puisse croître qui demandent notre effort. Mais bien sûr, cet « autre ego » doit être tel qu'il puisse remplir sa mission et être sacrifié à la fin.
Cette nécessité de l'effort, Mother nous la rappelle avec une rigueur, une exigence et une sévérité qui étonnent presque chez une femme qui rayonne de tant de beauté, de grâce et de douceur.
« Il est exact que sans la Grâce divine vous ne pouvez pas être attiré vers Dieu, mais pour mériter cette Grâce, il faut faire un effort continuel et rester sans cesse sur le qui-Vive. »
« Si vous vous contentez de connaissances théoriques vous n'irez pas bien loin. Une pratique assidue et un effort constant sont nécessaires pour obtenir une véritable croissance spirituelle ».
Personne ne deviendra fort en criant: Donne-moi de la force, donne-moi de la puissance!» [...] Le remède ne peut venir que de l'intérieur, par l'effort personnel. Travaillez donc en vous conformant aux principes des shastras et aux instructions des saints. La force se développera de l'intérieur [...] Vous faites tout seul la plupart de vos affaires matérielles, mais quand il s'agit d'adorer Dieu, vous appelez toujours à l'aide [...] Si vous sentez que vous ne pouvez pas travailler, recherchez les causes de votre échec et faites-les disparaître sans pitié.[...] »
Citations recueillies par Viafx24 et publiées en juillet 2026.
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