Dans l’intimité d’un chemin

[Gurdjieff] « Il n’y a pas de meilleures conditions pour progresser que celles qui sont les vôtres aujourd’hui »

Je ne peux m’appuyer que sur ce qui est là, tout ce qui arrive est un point d’appui : TOUT. Le but, c’est la paix, la sérénité mais les points d’appui pour y parvenir ne sont rien d’autre que ma tristesse du moment, mon anxiété, mon découragement. Voilà quels sont mes points d’appui à chaque instant. Si je ne les prends pas, je ne progresse pas. Le chemin ne peut pas passer par un autre endroit que ma situation actuelle. Là où je suis, c’est le chemin.

Si vous vous appuyez sur votre faiblesse, de la profondeur de vous-même montera quelque chose qui sera une force située au-delà de votre faiblesse. Du fait même que vous reconnaissez votre faiblesse, vous en tirez une force.

Les expériences répétées d’Ananda sont très précieuses parce qu’elles vous montrent qu’il est possible « d’être » dans des circonstances apparemment douloureuses.

Si vous ne tenez pas les décisions que vous prenez dans l’existence et que vous ne tenez pas non plus celles que vous prenez en face de votre gourou, vous sabotez vous-même la seule chance qui vous reste de sortir de votre mécanicité. Dans la vie, il existe 90% de gens qui vivent d’excuses. Les 10% restants agissent envers et contre tout.

Celui qui se trouve sans arrêt des excuses dans la vie s’en trouvera inévitablement sur le chemin, pour ne pas mettre en pratique : « j’étais trop fatigué pour adhérer à mon émotion ».

La perte du manuscrit initial avait eu du bon, car elle m'amena à simplifier le projet trop vaste dans lequel je m'étais lancée, et le livre y gagna en sobriété.

Deux critères, nous dit-elle, permettaient de connaître notre avancée sur le chemin. L'un qu'elle qualifiait de négatif : les émotions sont moins fréquentes, moins intenses et durent moins longtemps ; l'autre, positif : nous sommes de plus en plus présents dans l'instant, de plus en plus fréquemment et de plus en plus longtemps.

Les années passent. Oui, il y a de petites améliorations, ça va un peu mieux, je souffre moins, mais pas de véritable amélioration, pas de changement profond. Votre prison s’améliore : on a mis des rideaux aux fenêtres, on a peint les barreaux en blanc, on a recouvert le carrelage de moquette, c'est plus chaud. Qu’est-ce que vous voulez : améliorer votre prison ou en sortir une bonne fois pour toutes ? Il faut que vous décidiez : je veux sortir de la prison de mon égoïsme. Si vous décidez d'être deux fois plus intense, ça ne marchera pas. Ce n'est pas deux fois plus intense qu'il faut être, c'est dix fois plus intense. Ou je crève ou je sors victorieuse. »

Si je décide aujourd'hui de m'intéresser aux autres, ce n'est pas pour eux mais bien pour moi, pour sortir de ma solitude, pour me sentir aimée à mon tour et cesser de souffrir. Est-ce qu'un jour, de cette attitude, va venir une capacité d'aimer, une réelle ouverture aux autres ?

Au départ, faites-en une sadhana. Cela vous demande un effort d'aller vers les autres, cela vous coûte, faites-le, pour sortir de votre prison. Intéressez-vous aux autres, accordez-leur une attention réelle, ouvrez-vous à eux, jusqu'à ce que cela devienne aisé. Dans la vie, il semble y avoir un cruel cercle vicieux : pour donner aux autres, il faut avoir reçu ; un être frustré est incapable de donner, il a trop besoin de recevoir. Or on ne peut recevoir que si l'on donne. C'est la loi. Vous ne recevrez que si vous donnez.

Si vous vous promenez dans la vie avec l'attitude d'un mendiant, les gens se détournent de vous, excédés, ils finissent même par vous fuir comme la peste.

Citations recueillies par Viafx24 et publiées en juillet 2026.

Retour au portail des citations des ouvrages d’Arnaud Desjardins »