L’audace de vivre

Et la méditation ce n’est pas seulement chercher le vide et le silence du non-manifesté. C’est chercher la non-dualité, le non-conflit dans le sentiment d’exister.

Comment voulez-vous atteindre la profondeur ? N’ayez pas peur. La force de vie en nous, en vous, en chacun, est purement rassurante si nous la découvrons à la source.

Si vous retrouvez la vie, si vous osez vivre, si vous osez vous ouvrir, vous verrez combien ce qui, aujourd’hui, domine vos existences, les peurs, les souffrances, les drames, les attachements, les émotions, les pensées qui vous harassent, combien cette prison va déjà relâcher ses liens. Choisissez de vivre.

Le Bouddha a propos de quelqu’un qui le couvre d’insulte. Le Bouddha lui demande : « si tu m’avais offert un cadeau et que je ne l’ai pas pris, qu’est ce qui se serait passé ? » L’autre un peu étonné de cette question venant après toutes ses insultes répond : « il me serait resté sur les bras ». « Et bien, ajoute le Bouddha, dis-toi que je n’ai pris aucune de tes insultes ».

En outre cette utilisation de l’énergie du centre sexuel par les centres ordinaires crée une tension, un excès, une combativité, une inutilité qui vont nourrir les obstacles à la satisfaction normale.

J’en viens maintenant aux 3 caractéristiques du mauvais fonctionnement de nos centres quand l’énergie sexuelle est détournée : premièrement l’intensité inutile, une intensité qui n’a pas de justification ; deuxièmement l’inutilité des accomplissements ou des actions entreprises ; et troisièmement la combativité.

L’énergie sexuelle déviée comporte un aspect agressif : elle est alors employée pour se battre, attaquer ou critiquer ; et cette combativité est aggravée par les deux autres caractéristiques : l’intensité et l’inutilité. Si le centre émotionnel fonctionne avec l’énergie sexuelle, la religion devient la condamnation des hérétiques et l’accent sera mis de façon exagérée sur le sort des pécheurs qui bruleront en enfer ; dans d’autres domaines, certains s’enflammeront pour une cause, écriront des pamphlets, se déchaineront devant leur auditoire. Cette déviation se traduit par un fanatisme dans les émotions, une excitation, une intensité dans les idées : « c’est affreux !  C’est épouvantable ! C’est inadmissible ! [Pas clair : manque peut-être un mot] Excès de combat et finalement inutilité.

Si le centre moteur est concerné par ce détournement de l’énergie sexuelle, le simple fait de passer l’aspirateur ou de nettoyer une baignoire devient un véritable combat de catch avec l’aspirateur ou la baignoire.

Un sportif qui mène une vie sexuelle très épanouie n’a pas la même approche du sport qu’un sportif dont l’énergie sexuelle anime le centre moteur.

Dans certaines pratiques tantriques qui ne sont pas du tout des formes de débauches mais restent tenues secrètes et ne sont pas exportés en occident, la relation sexuelle doit avoir lieu entre un homme qui ne connait pas du tout la femme et une femme qui ne connait pas du tout l’homme, de manière à ce que ce soit l’homme en lui qui rencontre la femme en elle et inversement.

Le risque c’est que le disciple devienne le juge alors qu’il doit être celui qui observe. Et celui qui accepte complétement cet état et permet même d’y rentrer totalement.

« Comme cadeau d’anniversaire, je voudrais que pour les 40 ans, j’ai vraiment 40 ans ».

Que pour mes quarante ans j’aie vraiment quarante ans signifie que le petit enfant attendrissant avec qui j’ai vécu tous les âges de ma vie, avec qui j’allais à l’école tantôt heureux, tantôt triste qui rêvait monts et merveilles à 14 ans et qui pleurait à 20 ans parce qu’une fille l’avait repoussé, c’est fini. Voilà ce qui est [inécoutable ?]. Et bien oui, je ne peux pas à la fois avoir pleinement mes 40 ans et garder tendrement en moi ce petit enfant pour le consoler moi-même, comme si c’était à moi de la choyer et de le protéger.

Le plus grand acte d’amour que je puisse accomplir pour cette petite fille ou ce petit garçon c’est de l’aider à grandir, c’est de combler sa propre aspiration.

Et le plus beau cadeau que je puisse offrir à cet enfant qui pleure encore au fond de mon cœur c’est de lui dire : « tu vas pouvoir t’ouvrir, t’épanouir, tu vas accomplir ta propre loi ».

Vous refusez de tourner la page du passé comme le demande tous les enseignements spirituels.

Il n’y a pas de chemin d’évolution qui ne nous demande de tourner la page du passé. Si vous ne le faites pas, vous ne deviendrez jamais un sage, vous deviendrez un vieillard infantile, une femme ou un homme qui se flétrit sur place sans avoir fleuri.

« Je te donne ton apothéose, tu vas pouvoir devenir vaste, vivre et aimer, tu es destiné à cela : le mental et les blessures t’ont empêché de croitre, et maintenant j’enlève moi-même ce qui entrave ton épanouissement ». Faites-le pour l’enfant que vous portez encore au fond du cœur.

Swamiji : « manger est une fonction de la vie, la respiration c’est la vie elle-même ».

« Je vais rappeler une vérité que je n’ai pas découverte et que certains kinésithérapeutes connaissent bien : le passé s’est inscrit dans notre respiration, notre respiration est marquée par notre passé.

Si vous pratiquez le retour à une respiration ample dans la méditation, cela peut vous libérer du passé bien plus vous ne le croyez.

Or notre respiration a été compromise par notre passé personnel. Être prisonnier du passé équivaut à mal respirer, être libre du passé permet de respirer normalement, naturellement comme un bébé non traumatisé qui dort paisiblement et dont on voit le ventre se gonfler et se dégonfler. Dürckheim dit magnifiquement dans son livre que la descente dans le hara nous permet d’accepter beaucoup plus facilement les chocs de l’existence, de garder l’équanimité dans les bonnes et les mauvaises nouvelles.

Permettez-moi cette formule : l’adulte infantile ne sait pas respirer, l’adulte digne de ce nom respire librement ; l’adulte infantile souffre d’une respiration déformée, bloquée, l’adulte a retrouvé une respiration aisée.

Citations recueillies par Viafx24 et publiées en juillet 2026.

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