Pour une mort sans peur

P97

Parmi toutes les paroles prononcées par un sage védantique traditionnel, Nisargadatta Maharaj, une m’a frappé plus que les autres : « La sadhana pour moi a été tout à fait simple, je n’ai rencontré aucune des difficultés que vous paraissez rencontrer : j’ai cru de tout mon être et de toute mes forces que ce que disait mon gourou était vrai et c’est cette conviction qui a suffi à me libérer en deux ou trois ans. » C’est donc un chemin possible : « Le gourou m’a montré que je pouvais être le témoin de mes pensées, de mes états d’âme, de mes émotions et de toutes mes formes de conscience et cela m’a paru tellement certain que, à partir de là, je n’ai plus pu voir l’existence de la même manière. J’ai tout reconnu comme relatif, je n’ai plus jamais pu oublier que j’étais cet Absolu et la réalisation de ces paroles est devenues permanente en deux ou trois ans ».

P104

Oh, quand je saurai « il n’y a que l’Atman, tout est Atman, il y a un unique Océan dans lequel naisent et auquel retournent des vagues éphémères », tout sera changé. Pour l’instant, je n’en suis pas encore là. Mais au moins, je n’oublie pas l’enjeu. Quand c’est le moment de ne pas oublier l’enjeu vous l’oubliez. Il ne reste plus rien, que le cri NON, NON, NON, parce que vous n’êtes pas assez convaincus. Le doute, l’incertitude sont des handicaps du disciple que tous les enseignements ont décrits. Votre erreur c’’est d’être convaincus que vous êtes convaincus. Si votre conviction était profonde, vous vous souviendriez de l’enseignement même dans les conditions où vous avez envie de hurler « non » et ce serait évident pour vous, évident que ce n’est pas possible de dire non, que c’est trop stupide, trop mensonger, que c’est ajouter vous-même une pierre à la prison dans laquelle vous êtes enfermés.

P107

Tout homme sans exception cherche à dépasser la dualité. Comment ? Dans l’ignorance, sans avoir été instruit par un enseignement libérateur. Et il fonctionne – non pas dans l’absolu mais dans le relatif, dans la relation – selon l’attraction et la répulsion. S’il y a attraction, il veut prendre ; s’il y a répulsion, il veut fuir ou détruire. Et de ces deux manières, il a simplement fait disparaître la dualité.

P112

La majorité des entretiens que j’ai eu depuis 8 ans concernent toujours tel ou tel aspect du film, alors que la majorité des entretiens qui ont lieu avec certains gourous en Inde ne concerne plus du tout le film mais seulement l’écran.

P163

Dans un corps physique individuel, toutes les cellules et toutes les fonctions sont interdépendantes : respiration, assimilation, excrétion, anabolisme, catabolisme. Ces quelques exemples simples montrent d’abord les premières manifestations les plus immédiatement saisissables de cette interconnexion. Les plantes ont une respiration inverse de la nôtre, elles inspirent le gaz carbonique et rejettent l’oxygène, et une relation inverse existe entre les plantes et nous à travers ce mécanisme inverse de la respiration.

P175

Et vous, vous êtes appelé à cela, à passer de la mesquinerie et de l’étroitesse de votre conscience à l’immensité et à la vastitude de la conscience.

P177

Par exemple Swami Prajnanpad qui était un brahmane, élevé comme tel, avait appris qu’il était impur de partager la nourriture d’un intouchable. C’est un principe essentiel des brahmanes et qu’on peut justifier à un certain niveau. Swamiji était donc imprégné de cette règle, et quand il a voulu être libre, c’est-à-dire non plus un brahman mais un sannyasin, il est allé dans les restaurants populaires de Calcutta, s’est assis à la table d’intouchables, leur a proposé de les inviter, et ils ont puisé au même plat.

P213

Ce qui importe ce ne sont pas les situations dans lesquelles vous vous trouvez, c’est la conscience que vous en avez.

[En soi le dernier chapitre nommé « Un chemin concret P223 peut être relu en entier pour en tirer le maximum de substance].

P224

Moi, aujourd’hui, je souffre et je peux être libéré. Libéré de quoi ? Et là, on est obligé de répondre : de vous-même.

Mais cette référence habituelle à l’ego s’impose dans l’existence, elle semble aussi certaine que permanente. Elle ne vous laisse aucun répit ou si rarement que vous n’êtes pas capables d’en tirer un enseignement. Cela apparait comme un moment de grâce, de paix, de détente, de communion, de simplicité. Et puis la référence personnelle revient : à moi, pour moi, par rapport à moi, en fonction de moi.

Vous trouverez assez vite des exemples de faits que vous constatez, enregistrez, sans que votre ego participe, soit impliqué, dans lesquels vous êtes parfaitement neutre. Et vous verrez au contraire les exemples où quelque chose est atteint, touché, affecté, en vous, que ce soit douloureusement ou de manière favorable. Dans les deux cas, vous en avez fait une affaire personnelle. Et vous voyez bien que prendre un évènement de manière personnelle, c’est laisser intervenir l’émotion.

P226

Si vous voulez progresser vraiment et peut-être même très vite -- en tout cas beaucoup plus vite que vous ne le croyez -- l'essentiel, et de loin, c'est que vous ayez le minimum de vigilance nécessaire pour percevoir dans l'instant cette manière personnelle de réagir, c'est à dire le fait que vous soyez touché, atteint, affecté, peu ou beaucoup. Il arrive d'ailleurs qu'on soit affecté sans même le noter. Seulement cela s'accumule : petits désagréments, petites blessures, petites écorchures que l'existence vous impose ; elles s'additionnent jusqu'à la goutte d'eau qui fait déborder le vase, la saturation. Et cette accumulation de petites émotions, chacune infimes, forme un jour un total qui cristallise puis explose d'une manière ou d'une autre.

Et, en même temps, vous avez un point d'appui pour la vigilance, c'est cette petite émotion, cette petite réaction égocentrique : « ça y est je viens d'être touché ; ça me fait quelque chose ». Et, parce que votre salut en dépend, distinguez bien cet élément émotionnel de ce qui vous apparaît comme une vérité objective. La confusion entre ce qui vous semble une vérité objective et l'élément émotionnel vous maintient, et peut le faire indéfiniment dans cet état qu'on a appelé sommeil ou servitude.

Bien sûr qu'il y a des nécessités. Il faut impérativement que les instruments utilisés par un chirurgien aient été stérilisés parfaitement. Il est nécessaire que les radiographies apportées aux médecins soient bien celles de la malade et non de son homonyme et que les analyses de laboratoire aient été accomplies de façon exacte. Chacun peut prendre l'exemple des activités auxquelles il est associé. Mais l'élément émotionnel peut être complètement éliminé de ces nécessités, qui se manifestent alors simplement comme objectif. Je n'en fais plus une affaire personnelle.

Quand je vous dis : « c'est vous qui serez libéré, qui serez éveillés », vous pouvez déjà l'entendre d'une manière tout de suite accessible : c'est moi qui ne serai plus jamais touché, concerné affecté, ému, atteint. Moi, libéré de moi-même, cela veut dire moi libérer de ces réactions personnelles : « Ah ça me fait mal ! » Ah on m'a encore fait ça ! ». Déception, blessures d'amour-propre, attentes non réalisées, amertumes, trahisons grandes ou petites. Certes, vous pouvez remporter des victoires décisives dans de grandes circonstances. Mais vous pouvez aussi en remporter de très précieuses dans les petites.

Les déceptions légères, les frustrations minimes s'accumulent. Un franc +1 franc +1 franc, ça peut finir par constituer une somme importante et une petite blessure, plus une autre, plus une autre, cela finit par atteindre le point de saturation et la cristallisation et tout d'un coup c'est le refus ; Fini ! « Ah, non, j'en ai assez ! ». De même, une petite victoire plus une petite victoire, plus une autre encore, cela s'accumule aussi. Un jour il y a également saturation en vous et une cristallisation se produit. Vous vous apercevez que, brusquement, un changement de niveau s'est opéré. Et on passe au stade suivant. Nous faisons notre 6ème puis notre 5ème puis notre 4ème et un jour vient où nous entrons en faculté. Un petit devoir par-ci, une composition par-là, un exercice écrit par-ci, une leçon étudiée par-là, et un jour vient où nous passons notre baccalauréat et nous pouvons choisir une préparation de grande école ou la faculté. La progression se fait à travers ces mutations brusques mais qui ont été préparées petit à petit.

P228

Si vous êtes tant soit peu touché, votre action ne peut plus être juste. C'est simple, c'est tout simple. Si vous êtes tant soit peu touché, votre action n'est plus qu'une réaction. L'action juste ne commence que là où vous êtes totalement non affecté. Si vous êtes totalement non affecté, votre action devient une réponse à la circonstance du moment, et une réponse objective, appropriée, juste, elle devient LA réponse.

P229-230

Au contraire, l'égo, le « moi affecté », réagit avec très peu de souplesse. Ce sont toujours des réactions prévisibles qui nous font dire : « c'est typiquement lui» ou « c'est bien lui » ou « c'est lui tout craché », pour peu que nous connaissions un peu la personne. Les actions spontanées d'un gourou face à un disciple ne sont pas prévisibles. On s'attend à une colère et il éclate de rire. On s'attend à un compliment parce qu'on croit avoir bien fait, et il manifeste une sévérité cinglante, justement parce que sa réponse est originale, libre, sans pensée, parfaite dans le relatif.

Voilà, je vous ai dit l'essentiel. Mettez-le en pratique et vous irez jusqu'au bout du Chemin. Concrètement il vous faudra tenir compte de forces de sommeil, d'oubli, de mécanicité, de répétition, qui sont extrêmement puissantes, Mais l'important est là : plus de réaction ; je ne suis plus touché, je ne suis plus affecté - et une action qui est une réponse juste et originale, dans l'instant.

Maintenant, nous pouvons approfondir un peu plus. Le fameux « égo», dont on entend parler du matin au soir dans les ashrams hindous ou même chez les Tibétains depuis qu'ils ont adopté notre vocabulaire, c'est cette possibilité d'être atteint de manière personnelle, créant soit une émotion pénible, soit une émotion agréable et par laquelle vous vous laissez prendre - d'autant plus que, comme elle est agréable, vous n'avez aucune raison d'être méfiants ou vigilants. Et l'égo qui peut pourtant disparaître complètement - se définit par cette possibilité de se laisser toucher, de se laisser atteindre, de se laisser affecter. A partir de cette définition, les textes que vous pouvez lire, fût-ce les paroles de Ramana Maharshi, prendront un sens immédiat pour vous et, pas seulement un sens si beau, si divin, si métaphysique mais si lointain que vous ne voyez pas comment atteindre le but. Où pouvez-vous mettre le pied pour faire le premier pas ?

Si vous voulez vous comprendre vous-même, ce qui est intéressant à connaître, c'est la façon dont vous prenez émotionnellement, subjectivement, les événements. Pourquoi ne pouvez-vous pas demeurer non-affecté ? Vous voici encore touché ! Un petit pincement au cœur, une petite blessure, une petite déception, une petite amertume. Mais pourquoi ? Et pourquoi est-ce que tout ne vous laisse pas neutre ? Ce serait si simple. Pourquoi est-ce que tant d'événements sont assez puissants pour vous imposer leur loi ?

Si vous voulez comprendre ce que signifie servitude ou esclavage et par conséquent ce que signifie Libération et que ces mots aient un sens pour vous tout de suite, eh bien voilà votre servitude. Et vous devinez quelle pourrait être votre Libération.

P233

Je vais vous donner un exemple tout simple. Je m'étais juré autrefois que les articles très élogieux sur mes émissions de télévision ne feraient plus lever en moi d'émotions heureuses. Je me préparais avant d'acheter les différents journaux. Il se trouve qu'un réalisateur de télévision nommé Arnaud Desjardins a eu dans l'ensemble une très bonne presse. Et je me faisais avoir à chaque fois ! Emporté par le bonheur que Clément Ledoux ait écrit dans « le Canard enchaîné » un article dithyrambique, comme le corbeau de la Fontaine, je ne me « sentais plus de joie ». Je n'avais pas plus de pouvoir sur cette joie que sur les émotions douloureuses. J'avais beau essayer de la laisser se déposer, ce n'était pas possible : Un quart de page de compliments ! Un nommé Clément Ledoux avait ce pouvoir sur moi de me rendre malgré moi à ce point heureux, parce que dans le Canard enchaîné, qui était très lu par la direction de la télé, il avait écrit de tels éloges sur « Le Message des Tibétains » ?

It is the status of a slave, disait Swamiji.” « C'est un statut d’esclave ». Et vous voyez que cet esclavage tient à vous et non pas aux événements. Ceux-ci ont pouvoir sur vous, c'est d'accord, mais parce que vous fonctionnez d'une certaine manière. Cela tient à vous, à un fonctionnement émotionnel, physique même, parce que vous ne pouvez pas empêcher votre cœur de battre ni la circulation dans les petits vaisseaux d'augmenter (et vous devenez tout rouge) ou de diminuer (et vous devenez blanc). Vous ne pouvez même pas éviter ces phénomènes physiologiques concomitants de l'émotion et vous ne pouvez pas empêcher vos pensées de se précipiter dans une certaine direction. « Je » n'ai pas de pouvoir sur mes fonctionnements. L'ensemble de ces fonctionnements représente ce que nous appelons « le mental ». Mais ce mental peut être démantelé. C'est ce que nous appelons la Libération.

Donc, je suis l'esclave de mes propres fonctionnements et « je » pourrais en être libéré. De plus, si les fonctionnements en question sont très souvent le fruit d'un stimulus extérieur visible tel un événement qui vous comble de joie ou vous blesse profondément, il arrive aussi que vous ne puissiez pas trouver la source de ces modifications intérieures. Pourquoi des angoisses naissent-elles en vous, des appréhensions, des anxiétés, sans véritable raison ? Pourquoi est-ce que, certains matins, vous vous levez heureux, sûr de vous, le monde est beau, tout va vous réussir, et que huit jours après vous êtes dépressif ? Et vous découvrez que ce manque de pouvoir, cet esclavage à vos fonctionnements est lié à un manque de connaissance de soi. N'est-il pas étonnant de vivre et de vous connaître si peu ? Les choses se passent en-vous à votre insu. Vous êtes un mystère pour vous-même.

S'il y a un bruit étrange dans le moteur de votre voiture, vous allez dans un garage et vous escomptez qu'à la fin de la journée ou, au plus tard, le lendemain, la cause de ce bruit aura été découverte et supprimée. Si votre voiture, de temps en temps, freine sans que vous ayez décidé de le faire, si les phares s'allument et s'éteignent d'eux-mêmes, si le volant tourne à gauche quand vous voulez virer à droite, si, quand vous engagez la marche arrière, c'est la première qui s'enclenche vous n'accepterez pas de vivre avec une voiture construite pour un film de Laurel et Hardy ou des Marx Brothers, dans laquelle chaque accessoire devient la source d'un gag. C'est peut-être hilarant de voir sur l'écran une voiture truquée mais ça ne serait certainement pas drôle pour un chauffeur de taxi. Mais vous trouvez normal que votre propre véhicule c'est-à-dire votre corps physique, votre corps subtil et votre corps causal ou les différents koshas -fonctionne d'une manière aussi mystérieuse et incohérente. Ce manque de connaissance de soi, vous le sentez bien, est directement lié à cette servitude et à cet esclavage.

Si je veux être, il faut que je connaisse vraiment ma prison. Or trop souvent, dans votre impatience d'être libre, si on vous parle d'une liberté possible, vous tentez et vous tentez cent fois, mille fois, des évasions stupides parce que vous n'avez pas étudié la prison elle-même. Si, chaque fois qu'un prisonnier était conduit de sa cellule au réfectoire il en profitait pour se sauver en courant, il serait rattrapé dans les deux minutes ou les trente secondes. Il pourrait tenter toute sa vie, il ne s'évaderait jamais. Un soir de récréation, j'ai feuilleté l'histoire racontée par l'inspecteur Borniche, de René la Canne, un spécialiste des hold-up qui, n'ayant jamais fait couler une goutte de sang, a purgé assez vite ses peines. L'auteur explique : Le secret des évasions réussies de René la Canne était simple, il connaissait tout sur la prison dont il voulait s'évader. Nous pouvons transformer l'histoire de René la Canne en mythe se rapportant à notre propre Libération.

Vous ne pouvez pas vous libérer si vous ne connaissez pas parfaitement les failles de votre propre prison et les gardiens qui, à l'intérieur de vous-mêmes, vous maintiennent dans cette prison de la dépendance et de l'ego. Parce que c'est vraiment un esclavage. Quand je vous raconte qu'un critique avait pouvoir sur moi de me rendre heureux malgré moi en écrivant beaucoup de bien d'une de mes émissions, cela ne vous paraît pas tragique, mais c'est tragique d'être un esclave. Parce que cet esclavage émotionnel vous impose des actions. Et vous êtes non seulement asservi par vos réactions intérieures mais aussi par les pensées que les émotions vous imposent, sur lesquelles vous n'avez presque aucun pouvoir et qui peuvent être tout à fait mensongères, « délirantes » dans la mesure où vous n'êtes plus dans le monde mais totalement dans votre monde. Et ces pensées vous imposent des actions. On dit en anglais : « Vous agissez under compulsion », sous une obligation intérieure. Ces actions portent des fruits et des conséquences que vous devez ensuite assumer. Et ces conséquences de vos propres actions ont le pouvoir de faire lever en vous de nouvelles émotions, lesquelles à leur tour orienteront vos pensées dans une direction illusoire puisque vous n'êtes plus dans le monde mais dans votre monde subjectif, vous condamnant à de nouvelles actions qui porteront encore des fruits ad infinitum.

C'est tragique d'apprendre, et ce sont les faits qui me le prouvent, qu'un article de journal a plein pouvoir de me rendre heureux, même si j'avais décidé de demeurer immuable. Je vous assure aujourd'hui, que si un médecin me disait : - vous avez un cancer du poumon, cela ne me paraîtrait pas dramatique. Mais si je me rendais compte qu'un compliment m'a fait plaisir, ce serait la preuve que je suis toujours un esclave.

Je ne dis même pas ce serait grave si je voyais qu'une mauvaise nouvelle me blesse encore mais si je voyais qu'un compliment me fait plaisir. Cela ne signifie pas que je mets tout dans le même sac. Si l'un d'entre vous progresse, c'est une chose heureuse, bien sûr. Si un autre m'annonce - ma femme a accouché, elle a mis au monde un petit bébé très réussi, la mère se porte bien, je réponds aussi : c'est une chose heureuse. Si on m’apprend : Ginette a accouché mais l'enfant est mort-né, je dis c'est une chose triste. Mais tant que vous faites des événements une affaire personnelle, vous êtes un esclave dans les grandes et les petites choses. Tout ce que j'ai pu dire, tout ce que je pourrai dire encore, est le développement d'un point ou d'un autre directement lié à cette vérité que je vous livre aujourd'hui de manière condensée. Ensuite, si vous entrez dans les détails de l'étude de la prison pour découvrir où peut se trouver le chemin de l'évasion et de la libération, cela demandera une étude longue qui devra être bien menée et qui exigera même que vous perfectionniez vos instruments d'étude, votre jugement, votre vigilance, votre possibilité de comprendre, et votre présence à vous-même au cœur des émotions pour ne plus être complètement emporté. Mais vous êtes prisonnier par manque de connaissance de vous-même, de vos mécanismes et de vos fonctionnements au niveau des différents koshas. Et on ne peut pas connaître ce qu'on n'a pas étudié. Et pour que Jean-Philippe se connaisse lui-même, ce n'est pas l'étude de l'homme dans des livres de psychologie qui aura une valeur, ce sera uniquement l'étude de Jean-Philippe par Jean-Philippe et rien d'autre.

Pour vous connaître il faut que vous deveniez votre propre objet d'étude et pour cela il faut bien qu'il y ait « quelqu'un » qui mène cette étude. Si vous êtes toujours tellement « absorbé, happé, englouti, identifié », il n'y a personne pour étudier quoi que ce soit. Et vous continuerez à être des esclaves, tantôt heureux tantôt malheureux, mus comme des marionnettes par des chaînes de causes et d'effets. Celles-ci ont parfois leur source évidente à l'extérieur mais il arrive que cette source extérieure vous échappe : « je ne sais pas pourquoi je me sens tellement mal et angoissé ce matin, sans raison particulière ». Mais tout répond à des Lois. Et votre conscience d'être - et votre paix du cœur, votre sérénité peuvent se dégager peu à peu de ces mécanismes et devenir stables. Vous ne prendrez plus rien, jamais, de manière personnelle. Vous serez établis au Centre de votre être.

Si vous êtes chirurgien, vous ferez tout pour que vos interventions soient réussies ; si vous êtes photographe, vous ferez tout pour que votre image ne soit ni floue ni sous: exposée mais vous demeurerez dans la liberté ou, si vous voulez bien entendre ce mot, dans la neutralité. Neutre » est un mot très important. Seulement, au premier abord, il ne nous fait pas envie. Neutre, cela paraît terne, insipide, grisâtre. « Si tout ce qu'Arnaud me propose c'est la neutralité, ça ne m'intéresse pas. Moi je veux ce qui est beau, ce qui est grand, ce qui est sublime, ce qui est infini, ce qui est divin. La neutralité ne me fait pas envie. » Je le sais bien. Je pourrais ne pas utiliser ce mot et pourtant, je le fais. Je vous comprends s'il n'a rien de bien enthousiasmant pour vous mais en vous demandant de l'entendre quand même.

Ce que vous pouvez espérer de plus divin sera le fruit de la neutralité. Maintenant, quand je dis : « ce que vous pouvez espérer de plus divin », il faut que nous nous mettions bien d'accord sur un point. Est-ce que nous parlons d'une expérience divine mais non durable ou d'une expérience peut-être moins divine mais définitive ? Pendant des années, sans trop m'en rendre compte, j'aspirais à des expériences sublimes sans me préoccuper de savoir si elles seraient vraiment durables et ce qu'il fallait faire pour qu'elles le soient. Puis le moment est venu où ce qui m'attirait a été avant tout un état stable, définitif, immuable et par conséquent non dépendant. Et à partir de là j'ai entendu ce mot « neutre » d'une oreille un peu plus favorable.

Tout ce que je dis, vous l'entendez d'abord avec la tête. Et pourtant, je ne parle que de votre cœur. C'est par le cœur, c'est-à-dire les émotions aujourd'hui et plus tard les sentiments, que vous êtes esclaves et que vous vous libérerez. Votre tête, votre intelligence, votre réflexion seront toujours soumises à la réalité objective, à la vérité des faits. Par conséquent une liberté transcendante ne peut pas être intellectuelle. Physiquement vous serez toujours soumis aux lois, de la pesanteur, de la gravitation, du vieillissement, de la nécessité d'avoir de l'air pour respirer, de l'eau pour boire. II n'y a que la Conscience d'être ou la Conscience pure qui puisse être absolument libre. Et cette liberté de la Conscience, vous la gagnerez par le cœur, la purification du cœur, la disparition des émotions. Le corps son rôle à jouer, certainement, l'intelligence aussi mais, de très loin, c'est le cœur la donnée décisive.

C'est très clair dans tous les Enseignements spirituels ou religieux. Si vous regardez ce qui est présenté comme les grands obstacles à vaincre, les attachements, les « souillures, les impuretés », les « péchés », ce sont toujours des types d'émotions, même s'il s'agit de religions qui, comme le Bouddhisme, se présentent dans un langage technique, presque scientifique.

Vous m'entendez avec la tête et pourtant c'est uniquement de votre cœur que je parle. C'est du cœur que les grands désespoirs comme les petits pincements douloureux disparaîtront. C'est du cœur aussi que les joies dépendantes disparaîtront. C'est dans le cœur que l'esclavage fera place à la liberté et à la Joie qui demeure.

Vous aspirerez à la libération si vous êtes convaincus que votre statut permanent aujourd'hui est celui d'un esclave. Si de temps en temps, quand ça va trop mal, vous souhaitez être libérés de la souffrance, cela n'est pas suffisant. Vous continuerez à penser que ça va mal parce que les événements vous sont défavorables. « Si mon mari, au lieu de me délaisser complètement pour sa maîtresse, me revenait avec amour et tendresse, je serais de nouveau heureuse... » « Si, au lieu d'être obligé d'aller tous les jours dans ce bureau qui est devenu mon cauchemar, je pouvais changer de situation, je serais de nouveau heureux. » Tant que vous raisonnerez ainsi, vous chercherez simplement à améliorer votre existence au jour le jour et vous ne serez pas vraiment engagés sur le Chemin de la Sagesse. Vous ne serez engagé sur le Chemin, l'Éternel Chemin, celui des moines zen il y a 800 ans, celui des moines bouddhistes il y a 2 500 ans, que quand vous serez convaincus qu'en dehors même des événements heureux ou malheureux qui sont le lot de votre existence, vous êtes un esclave.

Un jour viendra où ce que je vous dis vous paraîtra tellement certain, parce que vous aurez été capables de le voir, que ce sera votre demande essentielle et non plus des demandes relatives en amour, en santé, en argent, en confort, en tout ce qui compose une existence. La vraie question n'est pas que tantôt ça va bien, tantôt ça va mal, c'est que tout le temps, jusqu'à ce que vous soyez libérés, vous êtes entièrement dépendants. Et, quand je dis vous, ne cherchez pour l'instant rien de mystérieux. Le « moi », le « Soi », cela viendra plus tard. Moi, je suis un esclave et je pourrais, moi, ne plus l'être et les événements n'auraient plus le pouvoir de me modifier intérieurement dans un sens que je ressens comme agréable ou désagréable, me laisseraient neutre, donc m'apparaîtraient comme neutres. Mais entendez-moi bien, être esclave, c'est vraiment l'être. Esclave à deux niveaux : les faits extérieurs et ceux qui sont intérieurs », un mal de ventre ou une anxiété, périphériques par rapport à la Conscience centrale même s'ils se produisent au-dedans de moi. « La distinction entre le bien et le mal doit être dépassée ». Entendez-la comme la distinction entre le bon et le mauvais ; ce sera déjà plus compréhensible. Distinguer le Bien et le Mal, c'est ce qui vous exile du Paradis perdu, ce qui représente la chute et le péché originel. « Comment ? Il ne faut plus que je fasse de différence entre une mère qui martyrise son propre enfant jusqu'à ce que les assistantes sociales le lui aient enlevé et une autre qui fait le bonheur du sien ? Je n'ai plus le droit de dire que d'un côté c'est le mal et de l'autre côté c'est le bien ? Vous voyez tout de suite que cela fait lever en vous une révolte. Commencez par entendre « la distinction du bon et du mauvais ». Votre vie est fondée sur cette dualité. Ce qui est bon, c'est d'avoir d'excellentes critiques sur mon émission de la veille et ce qui est mauvais, c'est d'avoir des articles méchants et durs. Qu'est-ce que j'en sais ?

Encore un point. Je n'emploie plus maintenant les mots « esclavage » ou « liberté ». J'emploie les termes « ignorance » et « connaissance », qui sont aussi des termes du yoga, du védanta et de la métaphysique. La manière habituelle de tout prendre immédiatement de façon personnelle est à courte vue tout de suite voilà ce qui m'attire, voilà ce qui me repousse, tout de suite voilà ce qui me fait souffrir, voilà ce qui me rend heureux -- à si courte vue. Elle vous maintient dans l'aveuglement et l'ignorance. Et les mots « sommeil », « éveil », « prison », « liberté, « ignorance », « connaissance », « aveuglement », « vision », sont liés et pointent vers la même réalité appelée le plus souvent, en effet, Libération.

Faute d'une « vue pénétrante », vous vous trompez et vous croyez savoir. Non. Vous ne savez jamais quel mal sortira d'un bien immédiat apparent et quel bien sortira d'un mal immédiat apparent. Jusqu'à ce que vous ayez découvert la Paix du cœur, le seul vrai Bien, Dieu lui-même en vous, vous ne savez pas ce qui est vraiment bien et vraiment mal. Le bien, c'est ce qui vous rapproche du Bien absolu ou de la Libération et le mal, ce qui vous en éloigne. La non-dépendance est le seul véritable bien, celui qu'avait découvert Socrate et qui lui a permis de mourir si sereinement, si lumineusement.

Toute votre compréhension du bon et du mauvais commencera à changer. Les vieilles habitudes, qui remontent peut-être à bien des existences antérieures seront encore là, mais quelque chose en vous pourra se tenir en face d'elles lorsque votre émotion criera : « voilà le bien !» ou « voilà le mal ! » Vous ne savez pas.

Que nous nous sommes réjouis pour rien ! Que nous nous sommes torturés pour rien ! Notre cœur a battu de bonheur pour des événements qui nous ont conduits à des difficultés et des épreuves nouvelles. Et notre cœur s'est broyé, serré de désespoir, pour des événements qui nous ont conduits à des joies inattendues. Et, si vous marchez vers le But suprême, vous savez encore moins à première vue ce qui vous est favorable ou défavorable. « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». Oh ! Combien c'est juste ! Déjà au niveau relatif, vous ne savez pas ce qui est un bien et un mal relatif. A 24 ans, au moment où je sortais enfin de six années douloureuses, je me suis trouvé atteint par une tuberculose évolutive. On faisait une radiographie tous les jours et, chaque jour, la détérioration du poumon augmentait. Toute ma vię brisée, arrêtée net. Était-ce un mal ? Était-ce un bien ? Aujourd'hui je suis obligé de dire que c'était un bien et que le séjour d'un an au Sanatorium des Étudiants de France a été bénéfique pour moi à de nombreux égards.

Comment savoir ?

Du point de vue relatif, sans se référer à « la réponse absolue », regardez vos existences; combien de fois vous vous êtes réjouis inutilement, puisque ce bonheur s'est terminé en amertume et en déception; et combien de fois vous avez eu le cœur brisé au point de n'en plus manger, de prendre deux somnifères tous les soirs, inutilement puisque six mois après vous étiez parfaitement consolés avec un autre homme ou une autre femme, vous aviez retrouvé du travail, ou votre enfant était redevenu calme et serein. Quant à savoir ce qui vous rapproche du Bien absolu, il faut se situer à un autre niveau en soi qu'à celui de ces émotions immédiates. Tout ce qui vous permet de progresser vers la non-dépendance est une aide, même si aux yeux des autres c'est une épreuve.

Seulement, quand nous parlons d'ignorance, s'il s'agissait vraiment d'une ignorance, ce ne serait pas très grave. Mais c'est d'une fausse connaissance qu'il s'agit. Si je sais que j'ignore, je n'affirme rien, je ne décide rien ou je le fais avec circonspection. Mais si j'ignore et qu'en plus je suis convaincu que je sais, la situation est encore plus grave. Si je suis vraiment aveugle, je prends des précautions. Mais, si j'ai sur les yeux des verres déformants qui trahissent les distances, la perspective, les proportions, les couleurs, c'est encore bien pire parce que je vais tout droit, persuadé que je vois, et je me blesse et je me heurte. Quand nous parlons d'aveuglement, nous ne parlons pas des yeux fermés de l'aveugle, nous parlons de lunettes déformantes sataniques qui nous font croire que nous voyons alors que c'est une fausse vision. Et quand nous employons le mot ignorance, nous ne parlons pas de la vraie ignorance, mais d'une fausse connaissance, diabolique également, qui nous fait croire de bonne foi que nous savons. C'est encore pire.

En vous parlant, je me souviens du moment où j'ai compris que ma prison, ma servitude, c'était l'esclavage à ma fausse vision. Quel doute cette prise de conscience fait lever à notre propre égard : « Je ne peux plus avoir confiance en moi ni compter sur moi. Je vois de travers. Parfois je vois un peu plus juste mais, massivement et fondamentalement, je suis soumis à une fausse vision - pire que l'aveuglement et à une fausse connaissance pire que l’ignorance ». Mais l'entendre avec les oreilles ou l'entendre avec son être, sont deux choses différentes. Alors, vraiment, monte un appel au secours. C'est de ce jour-là qu'on devient un peu disciple, qu'on comprend un peu ce qu'est un gourou.

Ce n'est même pas : « Je suis aveugle, je n'y vois pas ». C’est : « Au secours, je vois tout de travers, je suis perdu. Il n'y a pas d'issue. Au secours ! ». Toute ma connaissance, ma compréhension, mes certitudes sont viciées. Mais, si on n'était pas à quinze mètres de la chambre du gourou, des mécanismes feraient qu'on se rendormirait tout de suite et qu'on recommencerait à se laisser duper. Et le mental peut vous fournir toutes les preuves que vous voyez clair. « La preuve, c'est que j'ai réussi mes études, c'est que je progresse professionnellement, c'est que je m'y prend beaucoup mieux qu'autrefois avec les femmes... » Le mental vous offrira tous les arguments nécessaires pour vous montrer que vous voyez très clair et que vous n'êtes nullement dans l'aveuglement et l'ignorance.

Maintenant pouvez-vous entendre la réponse à lui donner ? « Ah oui ? Ah oui ? Alors est-ce que je suis complètement heureux ? » C'est tout. Au moment où le mental vous prouvera : « Mais ce n'est pas vrai, je ne suis pas aveugle, j'y vois clair psychologiquement, intellectuellement, spirituellement ; je ne vis pas dans une ignorance fondamentale ; je fais très bien face professionnellement, sentimentalement, socialement », il n'y a qu'un argument : « Ah, bien, alors, je suis totalement heureux, parfaitement heureux ? » « Non... »

Je vous en prie, entendez-moi, c'est directement lié. Et le mental va prétendre le contraire : « Je ne suis pas heureux parce que ma femme... Ce n'est pas moi. Moi, j'y vois très clair, moi je suis tout à fait juste, mais c'est ma femme ; c'est la Direction de la Fiscalité ; c'est la Presse ; ce sont les Syndicats ; c'est la réévaluation du mark, la hausse du dollar » - c'est toujours quelque chose d'autre. Non. Si vous n'êtes pas parfaitement heureux, immuablement heureux, c'est votre faute à vous. Mais cela, c'est la plus grande, la plus belle nouvelle que vous puissiez entendre. Parce qu'il y aura toujours des réévaluations et des dévaluations de monnaies, des crises économiques, des voisins qui nous aimeront et d'autres qui ne nous aimeront pas, un membre de notre famille qui nous décevra, des événements qui ne feront pas partie de ce que nous voulons, attendons et espérons.

Si vous arrivez à comprendre et à voir que votre souffrance ou votre bonheur tiennent à vous, que la Réponse absolue, la Réalisation et la Liberté suprême, c'est uniquement votre affaire, alors il y a vraiment une espérance. Rappelez-vous la Parole du Christ : « Vous aurez des tribulations par le monde mais prenez courage, J'ai vaincu le monde ». Si vous êtes chrétiens, que cette phrase ait un sens pour vous. Sinon, appuyez-vous sur le Védanta; je ne vous impose pas le Christianisme, même si c'est la religion de l'Occident. « Vous aurez des tribulations par le monde ». Non seulement je ne peux pas vous promettre que le Chemin va vous débarrasser des tribulations mais je suis obligé de vous assurer que vous en aurez. Si ce ne sont pas des drames de santé pour vous ou pour vos proches, ce seront des conflits avec les autres, avec vos enfants, des tragédies conjugales, sentimentales, professionnelles. Ou même la guerre, la ruine. « Vous aurez des tribulations par le monde mais prenez courage », a dit le Christ, « j'ai vaincu le monde. »

Il a dit aussi : « Je suis venu pour sauver ceux qui sont perdus. » Perdus, complètement perdus. Je ne trouve plus mon Chemin, je ne sais plus où je suis, je tourne en rond. Si vous vous êtes déjà vraiment perdus au fin fond d'une forêt de l'Himalaya vous pouvez comprendre le sens de cette parole : « Sauver ceux qui étaient perdus ». Et avec une netteté qui est votre espérance, je peux vous dire : « Prenez courage, vous aurez des tribulations par le monde, mais vous aussi --oui vous aussi -- vous pouvez être spirituellement victorieux du monde. »

Je peux vous assurer qu'en ce qui me concerne, j'ai beaucoup plus de « problèmes », et de « difficultés », depuis que je suis au Bost, que quand je sillonnais les routes d'Asie. Une pellicule voilée, une crevaison de pneu en plein désert,

Je peux vous assurer qu'en ce qui me concerne, j'ai beaucoup plus de « problèmes », et de « difficultés », depuis que je suis au Bost, que quand je sillonnais les routes d'Asie. Une pellicule voilée, une crevaison de pneu en plein désert, même une panne grave qui m'immobilisait trois semaines dans un village, c'était, croyez-moi, une vie beaucoup plus aisée que d'être responsable des émotions et des peurs de cent cinquante personnes et de porter la demande de centaines d'autres qui m'écrivent - sans parler des tâches administratives et matérielles. Et je peux dire maintenant : les promesses adressées à tout homme, à chacun de vous, se sont réalisées pour moi. Pourquoi ne se réaliseraient-elles pas pour vous ? La beauté, c'est justement que je n'ai pas grandi en Inde. C'est facile à savoir et je ne le cache pas, j'ai peiné comme vous tant et plus : problèmes professionnels, sexuels, sentimentaux, conjugaux, problèmes avec mes parents, complexes divers. Oui. Et puis aussi, comme vous, bien sûr, j'ai vécu des moments plus heureux et j'avais quelques qualités sur lesquelles je pouvais m'appuyer. Mais peu à peu j'ai découvert la vérité de ce que je vous ai dit aujourd'hui et j'ai trouvé cette non-dépendance qui fait que les événements ne sont plus perçus de façon égocentrique ou personnelle. C'est - mais pas par rapport à moi. « C’est ». A partir de là, une réponse peut être donnée, d'instant en instant.

Si cette non-dépendance s'est établie, il n'y a plus de crainte pour l'avenir, il n'y a plus de regret pour le passé, et le ici et maintenant, qui est la seule véritable vie, devient évident.

Citations recueillies par Viafx24 et publiées en juillet 2026.

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